Les conseils de Morgane,

décoratrice étalagiste

 

1. La vitrine, une arme de séduction


2. Pourquoi soigner sa vitrine ?


3. Les erreurs à ne pas commettre ?


4. L’impact des couleurs et de l’éclairage ?


5. Comment déculpabiliser l’acte d’achat ?


6. L’affichage des prix : une obligation ?


7. Et pour les prestataires de service ?


8. Quelle est sa durée de vie ?


9. Les avantages du recours à une étalagiste ?


10. Quel investissement ?


11. Une augmentation du chiffre d’affaires?

 

 

1. La vitrine, une arme de séduction

 

Comment ne pas être fasciné par la magie des vitrines du boulevard Haussmann? Tout l’art en la matière consiste à rendre l’étape de fabrication transparente.
Cependant, une vitrine s’élabore suivant des règles de merchandising bien précises. L’objectif : attirer l’attention du client pour susciter le désir et déclencher l’acte d’achat.

 

 

2. Pourquoi soigner sa vitrine ?

Pas seulement pour le plaisir des yeux, mais parce que  la vitrine représente la carte de visite de l’entreprise. Aujourd’hui, le consommateur ne marche plus, il court. Et quand par chance il s’arrête devant une vitrine, c’est pour y entamer un siège… d’une durée moyenne de 5 secondes ! Il n’y a donc pas de temps à perdre pour capter son attention et provoquer son désir d’achat. Mais ce n’est pas tout. Votre vitrine vous permet encore de communiquer sur votre offre (spécialité, promotion, nouveauté…), mettre en avant un produit, une famille de produits ou un service et donc de cibler une clientèle précise. Votre vitrine est donc un bon outil pour vous démarquer de la concurrence et augmenter votre chiffre d’affaires.

 

 

3. Les erreurs à ne pas commettre ?

 

La première consiste à positionner le produit à une hauteur inadaptée. Votre objectif n’est pas de vous adresser à la gente canine ? La hauteur idéale pour un produit se situe donc à 1,60 m. C’est ce que l’on appelle le champ visuel. En plaçant le produit à hauteur des yeux, vous capterez le regard du passant. A vous ensuite de retenir son attention selon un parcours bien précis. Un autre défaut consiste à vouloir trop charger sa vitrine, au risque de noyer les articles dans la masse. Votre vitrine n’est pas un espace de stockage. Mieux vaut changer les produits plus souvent, les alterner. Enfin, la troisième erreur est de disposer tous les produits sur un même plan, empêchant ainsi tout détail d’accrocher l’œil du chaland.

 

 

4. L’impact des couleurs et de l’éclairage ?

 

La couleur est un élément communicant dans l’inconscient des gens. Un déclencheur. Plaisir des yeux, promesse de sensations et de diversités, la coloration est festive et ludique. Mais il faut bien différencier l’envie de couleur et la nécessité de couleur dans une vitrine. La couleur doit être en rapport avec le produit et le secteur de vente. Sauf si votre activité consiste à vendre des cotillons de carnaval, la règle de base est de ne pas utiliser plus de trois couleurs dans une même vitrine : une mineure, une majeure et une intermédiaire en respectant une proportion visuelle. Car les couleurs ont leur langage. Le rouge retient le plus l’attention de la rétine, le jaune annonce les soldes tandis que le noir et le blanc sont synonymes de luxe. Certaines symbolisent un univers particulier comme le vert pour les produits bio. Le bleu constitue la couleur préférée de la moitié de la population européenne car il représente les valeurs morales. Si vous doutez de vos compétences en couleur, optez pour une composition monochrome ou un camaïeu de couleurs.
Ne jamais oublier cependant que la couleur participe à la mise en scène mais ne préjuge en rien du choix final du client. Ainsi, en matière de mobilier, le consommateur est attiré par les couleurs vives mais finit toujours par acheter du neutre. De même, dans vos vitrines, vous devrez toujours donner la priorité aux couleurs car ce sont elles qui feront entrer les chalands dans votre magasin. Cela vaut surtout pour les petits produits à petits prix.
L’éclairage participe également à la mise en valeur de vos produits. Il est important de bien l’étudier. Ainsi, un éclairage blanc venant du dessus aura tendance à écraser le décor tandis que s’il vient  du bas à 45° il tirera la présentation vers le haut. Evident mais à rappeler tout de même : ne pas oublier d’orienter correctement les lumières, une fois la décoration de la vitrine achevée.

 

 

5. Comment déculpabiliser l’acte d’achat ?

 

En racontant une histoire en vitrine. On détermine un thème et un message à faire passer en fonction de la saison, de la spécialité de la maison... Votre vitrine doit devenir le vecteur qui permet aux clients de se projeter dans un univers. En dehors des thèmes commerciaux récurrents que sont Noël, Pâques, la fête des mères… la vitrine doit raconter une histoire. Nous avons tous besoin de rêve et d’évasion, au sens propre comme au sens figuré. Si vous réalisez une vitrine séductrice, le chaland en oubliera sa dimension commerciale. Un bel exemple : celui des vitrines des Galeries Lafayette et du Printemps. C’est pour cette raison qu’une vitrine à thème est importante car elle déculpabilise l’acte d’achat.
Cependant, n’oubliez pas qu’elle répond avant tout à un objectif commercial et doit toujours être guidée par le message que l’on veut adresser au client.

 

 

6. L’affichage des prix : une obligation ?

 

Oui car c’est la loi.  Et puis, le prix est une information indispensable au client pour déclencher l’acte d’achat. Il fait partie intégrante du message commercial que vous souhaitez décliner.

 

 

7. Et pour les prestataires de service ?

 

La première question à se poser est : quel message veut-on délivrer ? Certains optent pour une présentation de leur catalogue sous forme d’écrans ou de supports plexiglas comme les agences immobilières. D’autres préfèrent théâtraliser les univers de rêve à l’image des agences de voyage et des instituts de beauté. Il n’y a pas à proprement parler de règle préétablie mais plutôt une réflexion à mener propre à chaque cas.

 

 

8. Quelle est sa durée de vie ?

 

Un mois à un mois et demi. Le client recherche en permanence la nouveauté. Changer régulièrement les produits en vitrine lui fait penser que vous avez reçu de la nouveauté en magasin. La durée de vie d’une vitrine dépend en fait du thème ou de la promotion mise en avant, sans oublier la périodicité de fréquentation de la clientèle qui varie en fonction du type de commerce. Dans une pharmacie par exemple, un client revient en moyenne une fois par moi pour renouveler son ordonnance. Alors que dans une pâtisserie, la thématique suivra le rythme des fêtes saisonnières: la bûche de Noël durant les vacances de Pâques ferait un peu cloche… Votre vitrine sera soumise aux mêmes exigences.

 

 

9. Les avantages du recours à une étalagiste ?

 

Tout d’abord, la décoratrice-étalagiste est une professionnelle qui a acquis un savoir-faire. Car, comme nous l’avons vu, créer une vitrine ne se résume pas à faire de la décoration. Il ne faut pas oublier que la décoration est au service du produit et non l’inverse. La règle d’or en matière de disposition des produits est ce que l’on appelle la triangulation, une technique pointue que maitrise toute étalagiste digne de ce nom (Voir page …) Avec son expérience d’autres univers, son œil extérieur, sa connaissance des nouvelles tendances, elle saura rendre l’offre inattendue. Et c’est ce qui fera la différence auprès de vos clients. De plus, elle fera preuve de la disponibilité nécessaire, vous dégageant ainsi du temps pour vous recentrer sur votre cœur de métier : la vente. Elle vous permettra aussi de réaliser des économies, notamment en utilisant une décoration sans cesse renouvelée que vous n’aurez donc pas à acheter. Souvent, rien que de cette façon la rentabilité est déjà atteinte. Et puis, il faut voir le recours à une étalagiste comme un investissement à long terme car le retour se traduira par une hausse de votre chiffre d’affaires.

 

 

10. Quel investissement ?

 

Le coût d’une vitrine varie en fonction de sa taille et du projet envisagé. On peut estimer le premier prix à 200 € HT. Car il faut prendre en compte chacune des étapes du projet. Tout d’abord l’agencement qui nécessite une première rencontre avec le commerçant pour définir le projet. Ensuite, il faut compter au minimum une journée de préparation et une demi-journée d’installation une fois le matériel fourni. En fin de période, 1 à 2 heures seront encore nécessaires pour désinstaller.

 

 

11. Une augmentation du chiffre d’affaires?

 

Oui car la vitrine est un atout marketing non négligeable. Cependant, il faut bien savoir que la vitrine ne peut suffire à elle seule à assurer un succès commercial. Un tas de facteurs extérieurs entrent en ligne de compte : une rupture de stock, un manque de relais du personnel ou encore une météo maussade peuvent en atténuer les retombées.
Cependant, il est important de noter que la vitrine a un impact à long terme sur l’image et donc la fréquentation de votre magasin. Vous pouvez vérifier votre retour sur investissement en établissant des statistiques de vente (comparaison des ventes des produits exposés avec l’année précédente). Vous risquez d’être étonné du résultat !
L’élaboration d’une vitrine n’ayant désormais plus de secret pour vous ; à vos marques, décorez, gagnez !

 

Morgane Cordillot, décoratrice étalagiste.
Déco Morgane Cordillot

 


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